Éditions PLEIN CHANT


 
Figaro, jeudi 6 août 1863

CAMÉES PARISIENS

par MERCUTIO (Théodore de Banville)


   
   

HENRI DELAAGE

Éloquent, onctueux, étonnant, étonné, mince, brun, chevelu, câlin et gnan-gnan, il tient le milieu entre saint Jean-Baptiste et Jocrisse. On ne sait pas s’il descend du ciel ou s’il sort d’une boîte. Il est prêt à vous décrire le paradis en témoin oculaire, et à vous demander combien il y a de doigts dans la main. Les traits maigres et peu réels rappellent certains bonshommes crayonnés en marge sur les cahiers. La barbe est peut-être postiche, la tête aussi. Delaage, qui entre dans les tables et parfois cause avec le bon Dieu, pourrait éclairer M. Renan sur la religion et lui dire décidément ce qu’il en est. Souvent, on le voit s’envoler : est-ce comme cerf-volant ou comme ange ?



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