2017
Voix d'en  bas
Prix de souscription jusqu'au 30 novembre 2017 : 12,50 €
ISBN 978-2-85452-333-1



Georges David

Passage à niveau

Préface de Jean Prugnot. Témoignage d'Henri Verdon

 256 pages.
Georges David, né en 1878 à Richelieu (Indre-et-Loire), apprenti chez un horloger à treize ans, devient lui-même horloger-bijoutier dans la Vienne, à Mirebeau-en-Poitou, après s’être marié en 1904.
En 1912, la revue Le Beffroi édite son premier recueil de poèmes, le Toit qui fume. Mobilisé en 1914, il fait toute la guerre dans l’Infanterie. Après un premier roman, Bérangère, publié par les éditions de la revue Les Humbles en 1921, il fait paraître en l’espace de treize ans – de 1923 à 1936 – douze romans et un recueil de contes. S’exprimant par le biais de son héros Ritcourt (Ritcourt, un caractère de chien, F. Rieder et Cie, 1925), esprit railleur et caustique, il déclare que ses personnages « sont des gens qui vivent sans chambard, sans gesticulations… Ils n’ont pas, eux, comme celui qui turbine en ville, l’ambiance de la lutte sociale, ou, plus simplement, de la coopération… Ils ne sont ni organisés, ni conscients… ». De cette partie de la population composée de petits artisans, de petits boutiquiers dépourvus de toute conscience de classe, Georges David cherche à faire un ensemble organisé, cimenté par une solidarité qui mettrait au second plan les inévitables petites haines telles qu’en naissent dans les villages ou les bourgs. Styliste souvent acerbe, observateur attentif et sans complaisance des êtres humains qui l’entourent, ni humoriste ni ironiste, il s’exprime en auteur satirique et en homme révolté. Loin de se borner à raconter des histoires avec une verve qui stigmatise la bêtise et la lâcheté, il cherche, en témoin de l’injustice sociale, à exalter le courage et la dignité des purs, à mettre en évidence une « aristocratie du peuple » qui, par ses luttes, chercherait à construire un monde meilleur pour tous. Ses idées sur la littérature prolétarienne, lucides, mériteraient d’être mieux connues : « Elle est ce qu’elle est, cette sacrée littérature, mais elle existe. Nous connaissons ses mérites, qui sont grands. […] Mais là où ça ne colle plus, c’est quand il est question de son efficacité, à cette littérature, de son utilité sociale, et aussi de son utilité tout court. […] Nous n’osons pas nous avouer, nous n’osons pas dire cette indiscutable vérité : l’œuvre prolétarienne n’est pas lue par le prolétariat. L’ouvrier ne lit pas le livre sorti de la pensée du copain. C’est regrettable, mais c’est comme ça… ». Lui, Georges David, s’était engagé. En 1932, il avait adhéré au Groupe des écrivains prolétariens de langue française, puis à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). Passage à niveau parut en 1935, dans la collection « Horizons » des Éditions sociales internationales, suivi aux mêmes éditions par La Remise des cailles (1936) et Pascaline, roman suivi de Sept officiers… (1936). Tétanisé par la guerre de 1939-1945, il s’arrête de publier, sinon d’écrire. On pourra lire ainsi en 1952 La Pivoine de Tivoli, en 1956 un roman illustré par Louis Suire, La Ville aux eaux mortes, puis en 1960 Le Bazar à trois sous (éditions du Scorpion). Georges David mourut à Mirebeau-en-Poitou le 14 avril 1963. Son nom y sera perpétué par le collège Georges David.



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