Éditions PLEIN CHANT
Apostilles

9 mars 2014

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 Nodier  & le chevalier d'Aceilly     

  

Plein Chant a édité plusieurs ouvrages de Nodier ou sur Nodier.


   
   
Charles Nodier a édité en 1825 et avec l’éditeur Nicolas Delangle Diverses petites poésies du chevalier d’Aceilly, dans la jolie Collection des petits classiques français, un ouvrage imprimé à 500 exemplaires avec les caractères de Jules Didot Aîné, « aux frais et par les soins de Charles Nodier et N. Delangle ». Le chevalier d’Aceilly (1604-1673 ; de Cailly de son nom), poète à la cour de Louis XIV, admirateur de Colbert, était passé de mode, alors qu’en son temps et jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, il avait été lu avec plaisir pour ses épigrammes. Le premier recueil de ses poésies parut en 1667 à Paris, chez André Cramoisy, Au sacrifice d'Abraham, rue Saint-Jacques, sous le titre : Diverses petites poésies du chevalier d'Aceilly. Les poésies reparurent dans le Recueil de pièces galantes, en prose et en vers de Mme la Comtesse de La Suze et de M. Pélisson, puis rien, les oubliettes. Les rares bibliophiles à posséder un exemplaire de la première édition de 1667 avaient entre les mains et sous les yeux un ouvrage sans couverture. Nodier a raconté l’histoire de ce livre mutilé dans Description raisonnée d’une jolie collection de livres (Nouveaux Mélanges tirés d’une petite bibliothèque). Paris, J. Techener, Libraire, 1844, p. 207, n° 525. On lisait, sur la couverture : « Et se donnent [les poésies] au Palais ».



 Nodier commenta : « soit qu’un scrupule aristocratique fît répugner de Cailly à être vendu, soit qu’il eût adopté à plaisir cette manière de parler, parce qu’elle lui fournissoit une ou deux épigrammes de plus ; mais il paroît que les chalands de Cramoisy eurent la malice de la prendre au pied de la lettre. Il est à présumer que le libraire, dans son juste dépit, retrancha des exemplaires qui lui restoient le frontispice malencontreux. C’est du moins dans cet état de mutilation qu’ils se présentent ordinairement dans les ventes. » Nodier lui aussi retrancha quelque chose au chevalier poète – il ne s’agissait plus de papier, mais de texte – car il a négligé des poésies, les unes jugées trop faibles, les autres trop  libres. On donne ici, après deux pages du recueil dans la Collection des petits classiques françois, deux de ces épigrammes écartées.

Note : dans le fleuron, plus bas, emprunté à l'édition de Nodier et Delangle,  lire les initiales C.D et N. D.





   








 Bernard de La Monnoye
 Recueil de pièces choisies, tant en prose qu’en vers
 La Haye, chez Van-Lom, Pierre Gosse, & Albers (Paris, Pierre-François Émery), 1714.
 Volume 1, p. 141 et p. 146.
DE JANETON

Janeton, à ce qu’on dit,
A Luc donna la Verolle ;

Mais on ment sur ma parole,
Janeton la lui vendit.

LA MOUCHE
prise sur les genoux d’une Dame.

 Si vous-même, adorable Lise,
Prîtes la Mouche qui vola
Sur vous par dessous la chemise,
Je n’ai rien à dire à cela ;
Mais si quelque homme s’en mêla,
Sans doute ce fut mal l’entendre :
Sont-ce des Mouches que doit prendre
Un homme quand il en est là ?







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